L'hyperinsulinisme qui caractérise la grossesse au moins lors des deux premiers trimestres conduit à recommander des aliments glucidiques à index glycémique bas ou moyen (comme la baguette de tradition française). À noter qu'au cours du troisième trimestre apparaît une insulinorésistance, qui détourne le glucose maternel au profit des tissus fotaux.
Sauf poids antérieur à la grossesse insuffisant, ou gain de poids excessif durant la grossesse, « intervenir sur la quantité d'énergie spontanément consommée par la femme enceinte n'est pas justifié »[1].
Les femmes enceintes augmenteraient en moyenne durant la grossesse leur apport énergétique de 120 kcal par jour [2] et [3].
- Les femmes enceintes de l'étude parisienne (14 / CCAF) avaient augmenté leur apport énergétique de 161 kcal par jour.
- Le coût énergétique de la grossesse ne justifie pas systématiquement l'ajout d'un quatrième repas car les besoins énergétiques sont peu augmentés. Néanmoins, l'état métabolique particulier de mauvaise résistance au jeûne impose d'instaurer un goûter apportant des glucides complexes. Ce goûter répond aux sensations de faim accrues de la femme enceinte, il favorise un apport régulier de glucides au fœtus, il améliore le confort digestif en allégeant le volume des repas principaux.
Pour retrouver son poids de forme après une grossesse, il est important de ne pas diminuer les glucides complexes car cela revient à augmenter proportionnellement la part de lipides dans son alimentation.
Les pains complets et de seigle apportent les fibres nécessaires à la régulation du transit intestinal souvent perturbé (constipation, ballonnements) pendant la grossesse. Ces pains contiennent également des vitamines du groupe B qui participent au métabolisme des glucides et qui contribuent au bon développement neurophysiologique du fœtus.
De plus, le statut martial des femmes enceintes doit être surveillé de près, et les pains aux céréales entières sont bénéfiques car ils apportent du fer. Enfin, les pains spéciaux contenant des fruits secs ou des fruits à coque présentent également un index glycémique intéressant pour réguler l'insulinémie de la femme enceinte. Par ailleurs, les fruits à coque (noix, noisettes, amandes.) qu'ils contiennent apportent des acides gras oméga 3 indispensables au bon développement neurologique du fœtus.
CCAF 2004 : Consommations et comportements alimentaires des Français, Volet INCA (CREDOC)