Les questions qui se posent aujourd'hui en France en matière d'alimentation reflètent des effets paradoxaux avérés de l'évolution de certaines sociétés occidentales
Les habitudes alimentaires ont fortement évolué depuis 50 ans. Autrefois dominée par les aliments sources de glucides (pain, pommes de terre, légumes secs), l'alimentation des Français se caractérise aujourd'hui par une hausse croissante de la consommation de lipides et produits riches en sucres simples au détriment des apports en glucides complexes. En particulier, la consommation totale de matière grasse par kilo et par habitant a doublé depuis 1950, celle de boissons sucrées, jus de fruits et nectars a été multiplié par 6 et celle des produits riches en sucres (gâteaux, crèmes glacées..) par 14 entre 1960 et 1995 ! Certes l'augmentation de la consommation en fruits et en légumes entre 1950 et 1990 permet un peu de compenser le déficit en fibres alimentaires, mais depuis 1990, cette consommation diminue progressivement et reste largement insuffisante.
Notre façon de cuisiner et le temps imparti aux repas se sont également beaucoup modifiés. Les plats tout préparés et facilement conservables sont souvent préférés aux produits frais et aux aliments bruts non-transformés. En effet, malgré l'amélioration des conditions socio-économiques qui facilite l'accès à une alimentation saine et diversifiée, on constate une consommation croissante de ces produits, souvent trop caloriques.
En outre, sous l'influence de l'urbanisation, du développement des transports, et de la tertiarisation de l'économie, le mode de vie est devenu plus sédentaire. Les dépenses énergétiques ont donc diminué.
Les conséquences sur la santé des modifications de nos comportements alimentaires sont considérables : explosion du nombre d'obèses, de diabétique de type 2 et forte augmentation des maladies cardiovasculaires. De plus 30 % des cancers seraient favorisés par les déséquilibres alimentaires actuels (OMS).